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Dans l'Eglise, ce mois ci...

Publié le 27 avril 2022

  • Message de Pâques du Père Miljenko Šteko,Provincial de la province franciscaine d'Herzégovine

« En ces derniers temps, il est devenu clair que nous sommes pratiquement impuissants dans ce monde. Témoins de nombreuses images dévastatrices, nous nous demandons s'il est possible qu’une chose de ce genre ait lieu dans notre monde. Nos âmes sont incessamment crispées et dans la peur à force de se demander ce qui va arriver, où en est la fin ?

Mais lorsque nous nous recueillons un peu, c'est cette expérience d'impuissance qui nous aide à réaliser que nous devons compter sur Sa toute-puissance. « En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire », dit Jésus (Jn 15, 5). Avec Lui, nous sommes tout-puissants. Toute notre force est dans notre impuissance, car alors Il ne nous reste que ce fait : « Je peux tout en celui qui me donne la force » (Phil 4,13). Par Sa puissance, nous pouvons, à temps et à contretemps, proclamer la parole de Dieu, endurer la souffrance, réaliser l'œuvre d'annonce de la Bonne Nouvelle et accomplir notre devoir jusqu'à la fin (cf. 2 Tm 4, 2-5).

Le monde d'aujourd'hui a nécessairement besoin de la nouvelle de l'événement le plus important que le ciel ait donné à l'humanité : il y a deux mille ans sur cette planète est né le Fils de Dieu, qui a vécu pour l'homme, œuvré et souffert pour l'homme, prié et est mort pour l'homme et est aussi ressuscité pour lui. Quoi que le monde fasse, quoi qu'il soit, il ne peut étancher la faim de vraie vie, la soif de vraie joie, le besoin de vraie paix, de vie. Et qui peut lui donner plus de vie, plus de joie et plus de paix que celui qui a dit de Lui-même « Je suis la Vie » !? (Jn 14, 6)

L'homme restera toujours capable d’être affamé de Dieu, car Dieu lui-même a pris soin de planter dans le cœur de l’homme une inquiétude bienheureuse, un désir insatiable du Créateur. Parler aux gens d'idéaux n'est jamais en vain, car la source des idéaux est la soif ardente d'éternité, le désir de Dieu. Ou, comme l'a dit autrefois Friedrich Schlegel, la chose la plus noble de notre nature. Voilà un espace suffisant pour œuvrer aujourd'hui !

Et si la vie nous a fatigués, Jésus nous dit (Mt 11, 28-30) : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, Je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car Je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger ». Y a-t-il une invitation plus belle que celle-ci ? Aucune invitation dans l'humanité ne peut être comparée à celle-ci. Le Seigneur nous offre tout, il nous suffit de répondre et de venir. Il est particulièrement bénéfique lorsque nous sommes écrasés par la fatigue et les oppressions. C'est une invitation pour vous qui êtes affligés par les choses de tous les jours, pour vous qui êtes peut-être à l'hôpital et attendez des informations que vous recevez au compte-gouttes, pour vous qui luttez chaque jour pour diriger vos enfants sur le droit chemin, pour vous qui êtes surchargés des questions existentielles, pour vous qui, en quête de sens, êtes complètement perdus et attachés à  des  idéaux erronés, pour vous qui avez peur des menaces quotidiennes véhiculées par les petits et les grands écrans ! Pour vous qui cheminez dans des jours difficiles de douleur et d'obscurité. En fait, tous, sans exception, nous pouvons nous retrouver dans ces paroles de fatigue et de fardeau de Jésus.

Sous les rayons du soleil de Pâques, Jésus, tout en brisant la sienne, brise aussi nos lourdes pierres tombales et nous fait entrer dans une vie nouvelle. Il brise ce qui est faible et fatigué dans notre vie, ce qui y est bloqué, ce qui y est sans vie et sans amour. Il brise les pierres tombales de notre solitude et de nos culpabilités et nous fait entrer dans la plénitude de son amour pascal.

Dans l'esprit de cet amour du Christ et de son incommensurable miséricorde, je nous souhaite à tous une joyeuse et salvifique Pâques ! »

Père Miljenko Šteko

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Auteur : Véronique Havet